J’ai passé une vingtaine d’années de mon existence à écouter des musiques extrêmes. Cela a commencé avec du métal plutôt soft pour ensuite dériver vers d’autres sonorités plus rapides, plus ténébreuses et plus haineuses. Trash, Death, Black Metal tout y est passé et même plus puisque j’ai encore vagabondé du côté des musiques industrielles, noise etc. Bref, je crois pouvoir dire que j’ai à peu près fait la totale. Ce d’autant plus que j’ai pas mal bourlingué de soirées en concerts en passant par des festivals. Bref, j’ai bien donné en la matière.
En toute franchise je n’ai jamais rien vu
de mal à ce que je faisais. Il me semblait que je me défoulais simplement sur
de la bonne musique. Ni plus ni moins. Avec une bonne grosse dose d’alcool, la
fête était encore plus folle. On délirait bien, on riait bien. Et tant pis pour
ceux qui se la jouaient trop sérieux. Après tout, j’avais ma propre
personnalité et ce n’était certainement pas des musiciens qui allaient me
dicter ce que je devais penser ou faire. C’est tout du moins ce que je croyais
alors. J’en étais même certain.
Avec un peu de recul, je me rends compte
que je me suis fait un tout petit peu
avoir. Tenir à mon originalité propre ne m’a quand même pas empêché d’acheter
toute la panoplie du parfait petit soldat métalleux. Les bottes, le cuir, les
clous et tout et tout. Comme tout le monde dans cet univers quoi. Question
originalité, on repassera…Et tout cela sans parler des goûts artistiques qui eux non plus n’ont plus grand-chose d’exotique
dès lors qu’on les compare à ceux des autres membres de la tribu.
Pis même au niveau des idées, il m’a quand
même fallu les laisser dériver un peu vers certaines formes d’extrémisme. Juste
ce qu’il faut pour garder bonne conscience tout en allant suffisamment loin
pour entrer dans la peau du personnage. Etonnamment,
quand la musique s’est tue, la raison est revenue. Suffisamment pour ne pas
sombrer dans le politiquement correct non plus. On peut bien mettre ça sur le
dos de la crise d’adolescence, il n’empêche qu’elle a quand même sacrément bien
coincider avec la fréquentation de cet univers. Coincïdence, vous avez
dit ?
Mais au fond, ce sont là des faits qui ne
me sont pas vraiment venus à l’esprit à cette époque. Je savais très bien qui j’étais et ce que je faisais. Bien entendu, si
j’explosais de rage régulièrement c’était uniquement à cause des autres. A
cause de ceux qui me jugeaient sans connaitre, de tous ceux qui se comportaient
mal. Moi j’avais juste un caractère bien trempé c’est tout. Rien à voir avec
une personne colérique ou autre. Ni d’ailleurs avec la musique puisqu’elle,
elle me défoulait ! Cela dit, avec le recul, une fois sorti de là et après
un certain cheminement dans une autre direction, je vois les choses un petit
peu différemment.
N’ayant aucune conscience de tout cela, je
n’avais aucune chance d’en sortir par moi-même. On ne quitte pas un état dont
on ne voit que les côtés positifs. Par
chance, On m’y a aidé. C’est en tout
cas mon avis, même si je sais parfaitement que nombreux seront ceux à me
considérer avec scepticisme.
Rentrant d’un festival, je me suis retrouvé
seul et pris d’épouvantables crises d’angoisse dans un train bondé pour un
trajet de plus d’une dizaine d’heures. Je vous assure que la situation est
plutôt inconfortable puisqu’il n’est
pas vraiment possible de hurler ni même de faire quoi que ce soit pour se
soulager. La seule chose qu’il me restait était la prière. Et celle de certains
de mes proches contactés en désespoir de cause. Sur le coup, ça a mis du temps
à se calmer, beaucoup de temps, mais j’ai quand même réussi à finir ce foutu
voyage dans un état presque acceptable.
Après ça, il m’a fallu réfléchir un peu sur
ma vie. Car ces crises revenaient régulièrement. Plusieurs fois par jour au
début. C’était horrible. Ceci dit, cela m’a permis de comprendre que quelque
chose ne tournait pas rond avec la musique et qu’il allait falloir m’en
séparer. Ce que je n’ai fait que la mort dans l’âme si j’ose dire.
Avec le temps les crises se sont espacées.
On m’a également persuadé d’essayer de revenir un peu dans la foi (j’avais été
élevé catholique plus jeune) et j’ai même recommencer à aller à la messe. Là
aussi, c’était assez étonnant puisque les premiers temps j’ai ressenti
systématiquement des crises au début de la messe, durant les 5 premières
minutes. Celles où on demande pardon. C’était toujours extrêmement fort,
j’étais à chaque fois à deux doigts de quitter l’église en hurlant. Mais j’ai
quand même réussi à tenir bon. Et avec le temps tout cela a disparu.
Oh ça a mis du temps. Beaucoup de temps. Un
temps durant lequel j’ai ressenti en moi des choses très étranges. Je me
souviens avoir eu, durant plusieurs jours consécutifs, l’impression de sentir
dans ma poitrine du poison s’écouler. C’était bizarre. Très bizarre. Et pas
agréable. Mais ça s’est purifié. Mes crises d’angoisse étaient de plus en plus
rares. Mais j’en avais des remontées en fréquentant des personnes provenant de
ces milieux. Fort heureusement, elles ont disparu et je suis maintenant en
paix.
Je ne peux pas voir autre chose dans ce
parcours que l’intervention de Dieu. Un Dieu aimant qui est venu me chercher
dans ma misère et qui m’a fait comprendre qu’il fallait que j’arrête mon
cirque. J’avais alors parfois besoin d’un bon coup de pied au c… pour avancer.
Et Il le savait.
Depuis, ma situation n’a cessé de
s’améliorer. Avec des hauts et des bas comme tout le monde, mais dans
l’ensemble je suis nettement plus heureux. Je vois les choses d’une manière
beaucoup plus positive, mes colères ont disparu et je ne suis plus enchaîné à
l’appartenance de ce milieu. Je suis réellement libre et Dieu m’a même offert
de fonder une merveilleuse famille.
Alors certes, je sais parfaitement que ce
n’est là que mon vécu, que ces manifestations me sont propres et ne se
retrouvent pas forcement chez autrui. Tout comme la chance de vivre pareille aventure/transformation d’ailleurs. Mais
ce dont je suis sûr, c’est que la musique n’est pas innocente. Si vous pensez
que ce que vous écoutez en boucle ne vous impacte pas d’une manière ou d’une
autre, eh bien vous avez tort. Il faudra vraisemblablement du temps pour vous
en rendre compte, pour percevoir ce qui a changé en vous. Pour autant bien sûr
que cette chance vous soit donnée. Et je vous le souhaite sincèrement. D’une
manière plus tranquille certes, mais effectivement.
Pour finir, j’aimerai encore simplement
vous inviter à tourner les yeux vers le
haut. A regarder vers votre Créateur. Vous n’y croyez peut-être pas, c’est
votre choix, mais laissez-Lui au moins l’occasion de vous prouver Son
existence. Ouvrez-lui votre cœur et appelez-Le à agir en vous. Honnêtement et
en toute simplicité. Soit vous serez conforté dans votre conviction de néant,
soit vous découvrirez Quelqu’un qui vous aime et qui ne veut que votre bonheur.
Dans tous les cas, vous êtes gagnant…
SM.











